"Mais si nous comprenons que, quelle qu'avait été la séparation, il y a toujours une continuation de communication avec les êtres aimés, entre des êtres qui se sont aimés - l'un est déjà mort et l'autre pas encore -, eh bien la communication continue, en tout cas du côté du vivant.
Peut-être se trompe-t-il, mais elle continue. Non seulement elle continue, mais elle donne à ce vivant, si vraiment il a donné pleinement le droit de mourir à celui ou à celle qu'il aimait, une espèce de résurgence de force qui vient de la confiance dans la vie, qui avait été enrichie par le bonheur d'aimer ce vivant quand il était vivant, et de continuer à y penser avec amour, en ne sachant pas où il est, en sachant qu'il ou qu'elle est parti(e) dans le lieu où nous sommes attendus aussi. Il est en avance sur nous, c'est tout. Et lui donner cette liberté, lui donner ce droit d'être parti plus tôt..."
Françoise Dolto, Parler de la mort, (Gallimard,1998, p.27-28)
Jamais de la vie
Écrits et images sur les pertes et les deuils
Les éditons du passage
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